Entre le marteau et l’enclume du Green New Deal – Jasper Bernes

Traduction du texte « Between the Devil and the Green New Deal » de Jasper Bernes paru dans la revue Commune:


Depuis l’espace, la mine de Bayan Obo, en Chine, où 70 % des minéraux naturels rares du monde sont extraits et raffinés, ressemble presque à une peinture. Les motifs cachemires des bassins de résidus radioactifs, longs de plusieurs kilomètres, concentrent les couleurs cachées de la terre : des aigues-marines et des ocres comme celles qui pourraient être employées par un peintre pour flatter les dirigeants d’un empire mourant.

Pour répondre aux exigences du Green New Deal, qui propose de convertir l’économie américaine à zéro émissions de gaz à effet de serre grâce aux énergies renouvelables d’ici 2030, il y aura beaucoup plus de ces mines creusées dans la croûte terrestre. En effet, presque toutes les sources d’énergie renouvelable dépendent de minéraux non renouvelables et souvent difficiles d’accès : les panneaux solaires utilisent de l’indium, les turbines du néodyme, les batteries du lithium, et toutes nécessitent des kilotonnes d’acier, d’étain, d’argent et de cuivre. La chaîne d’approvisionnement en énergie renouvelable est une marelle compliquée faisant le tour du monde ainsi que de la table périodique des éléments. Afin de fabriquer un panneau solaire de haute capacité, on peut avoir besoin de cuivre (numéro atomique 29) du Chili, d’indium (49) d’Australie, de gallium (31) de Chine et de sélénium (34) d’Allemagne. Bon nombre des plus efficaces éoliennes à entraînement direct nécessitent plusieurs kilos de néodyme, un métal de terre rare, et chaque bobine Tesla contient 63,5 kilos de lithium.

Ce n’est pas pour rien que les mineurs de charbon ont été, pendant une grande partie des XIXe et XXe siècles, l’image même de la paupérisation capitaliste – c’est un travail épuisant, dangereux et répugnant. Le Voreux – « le vorace » – : voilà comme Émile Zola appelle la mine de charbon de Germinal, son roman sur la lutte des classes dans une cité ouvrière française. Couverte de cheminées brûlant du charbon, la mine est tout à la fois un labyrinthe et un minotaure qui, « au fond de son trou, avec son tassement de bête méchante, s’écrasait davantage, respirait d’une haleine plus grosse et plus longue, l’air gêné par sa digestion pénible de chair humaine ». Dans la mythologie classique, les monstres sont des produits de la terre, des enfants de Gaïa, nés des grottes et pourchassés par une race cruelle de dieux civilisateurs venant du ciel. Mais ce qui est monstrueux sous le capitalisme, c’est la terre animée par ces énergies civilisatrices. En échange de ces trésors terrestres – utilisés pour propulser les trains, les navires et les usines – toute une classe de gens est jetée dans les mines. La terre qui se réchauffe regorge de ce genre de monstres fabriqués par nous-mêmes – des monstres de la sécheresse et de la migration, de la famine et de la tempête.

Les énergies renouvelables ne sont assurément pas un refuge. Le pire accident industriel de l’histoire des États-Unis, l’incident du Hawk’s Nest de 1930, a été un désastre lié aux énergies renouvelables. En forant un tunnel de 4800 kilomètres de long pour la construction d’une centrale hydroélectrique au profit de la multinationale Union Carbide, cinq mille travailleurs sont tombés malades lorsqu’ils se sont heurtés à une épaisse veine de silice, remplissant le tunnel d’une poussière blanche aveuglante. Huit cent sont finalement morts de silicose. L’énergie n’est jamais « propre », comme le montre clairement Muriel Rukeyser dans son poème documentaire épique sur Hawk’s Nest, Le livre des morts. « Qui pose les câbles électriques ? » demande-t-elle. « Qui s’engage sur le long terme ? ». L’infrastructure du monde moderne est coulée à partir du chagrin fondu.

Parsemée de « villages morts » où les récoltes n’amènent plus de fruits, la région de Mongolie intérieure où se trouve la mine de Bayan Obo présente des taux de cancer tchernobylesques. Mais encore une fois, les villages morts sont déjà là. Il y en aura d’autres si nous ne faisons rien pour lutter contre le changement climatique. Qu’est-ce qu’une douzaine de villages morts quand la moitié de la terre peut être rendue inhabitable ? Quelle est l’importance de ce ciel gris au-dessus de la Mongolie intérieure si l’alternative est de le transformer partout en un blanc sans fin avec des aérosols sulfuriques, comme l’imaginent les scénarios de géo-ingénierie de dernier recours ? Les moralistes, les philosophes de salon et les théoriciens du « moindre mal » peuvent essayer de vous convaincre que ces situations se transforment en une sorte de dilemme du tramway : si vous ne faites rien, le tramway accélère dans la direction d’une mort massive. Si vous faites quelque chose, vous mettez le tramway sur une voie où il y a moins de morts, mais vous en êtes plus directement responsable. Lorsque la survie de millions, voire de milliards de personnes est en jeu, comme c’est sûrement le cas en ce qui concerne le changement climatique, quelques dizaines de villages morts peuvent sembler être une bonne affaire, un « deal » vert, un « new deal ». Mais le changement climatique ne se résout pas comme un unique problème de tramway. Il s’agit plutôt d’un enchevêtrement planétaire de branchements, avec des morts en masse sur chaque voie.

Cependant, il n’est même pas évident que l’on puisse extraire assez de matière du sol, au vu de la limite de temps imparti. Zéro émissions en 2030 supposerait des mines en activité dès maintenant, pas dans cinq ou dix ans. La course pour la mise sur le marché de nouveaux moyens d’approvisionnement a toute les chances d’être vilaine, et ce à plus d’un titre, alors que des producteurs négligeants se rueront sur le filon pour s’enrichir, réduisant les dépenses et creusant des mines qui seraient dangereuses, insalubres, et pas particulièrement vertes. Les mines requièrent des frais massifs d’investissement au tout départ, et ne sont d’habitude que très peu rentables, sauf pendant cette sorte de boom de matières premières à laquelle on peut s’attendre avec un Green New Deal. Une décennie ou plus peut s’écouler avant que les moyens d’approvisionnement ne soient développées, et une décennie supplémentaire avant qu’elles ne permettent de réaliser un profit.

Il n’est pas plus évident de savoir dans quelles proportions les produits de ces mines nous aideront à décarboner si la consommation énergétique continue de grimper. Le simple fait que des États-Unis incrustés de panneaux solaires ne relâcheraient plus de gaz à effet de serre ne veut pas dire que leurs technologies auraient un bilan carbone neutre. Il faut de l’énergie pour extraire ces minerais du sol, de l’énergie pour les transformer en batteries, en panneaux photovoltaïques ou en d’énormes rotors d’éoliennes, de l’énergie pour en disposer quand ils sont usés. Les mines sont principalement exploitées par des véhicules qui consomment du carburant. Les porte-containers qui sillonnent les mers du globe, transportant des cargaisons d’énergies renouvelables, consomment tant de fuel qu’ils sont responsables de trois pourcents des émissions planétaires. Les moteurs électriques alimentés par batterie à destination d’équipement de construction et de porte-containers atteignent à peine le stade de prototypes. Et de quel genre de batterie monstrueuse aurait-on besoin pour propulser un porte-container à travers l’océan Pacifique ? Un petit réacteur nucléaire serait, peut-être, plus adapté ?

Comptabiliser les émissions à l’échelle nationale, en d’autres termes, serait comme compter les calories quotidiennes, mais uniquement lors du petit-déjeuner et du déjeuner. Si rendre les États-Unis propres pollue plus encore d’autres régions, il faut alors ajouter cela à l’équation. Les sommes de carbones seront certainement moindres que ce qu’elles auraient été autrement, mais les réductions pourraient s’avérer ne pas être aussi robustes qu’on ne le pense, d’autant plus si des producteurs prêts à tout pour s’enrichir en touchant le pactole de l’énergie renouvelable font les choses de la manière la plus rapide et bon marché possible, ce qui, pour les temps présents, signifie recourir aux énergies fossiles. D’autre part, la dépollution est coûteuse à tous les égards : vous voulez nettoyer ces bassins de résidus, enterrer profondément les déchets, empêcher l’empoisonnement des nappes phréatiques ? Il vous faudra des moteurs et vous allez probablement brûler du carburant.

Venant renforcer l’opinion scientifique, le rapport le plus récent du GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) prévoit l’utilisation de biocarburants dans ces contextes : dans le bâtiment, dans l’industrie, et dans les transports, là où les moteurs ne pourront être aisément électrifiés. Les biocarburants rejettent du carbone dans l’atmosphère, mais il s’agit de carbone auparavant absorbé par les plantes lors de leur croissance, les émissions nettes sont donc de zéro. Le problème est que la production des biocarburants requiert des terres autrement dévolues aux cultures, ou à des zones vierges qui absorbent du carbone. Ils sont parmi les sources d’énergies à la densité la plus faible. Remplir le réservoir d’un seul jet intercontinental en demanderait cinq hectares. Les émissions sont simplement l’aspect le plus proéminent d’une crise écologique plus large. Les habitats humains, les pâturages et l’industrie, étendant leurs ramifications de part en part de ce qu’il restait d’environnements vierges dans la débauche la plus destructrice, ont propagé des ondes de choc à travers le règne végétal et animal. Les hécatombes d’insectes, dont les populations diminuent de quatre cinquièmes dans certaines régions, n’en sont que l’une des manifestations. Le monde des insectes est très mal compris, mais les scientifiques soupçonnent que ces extinctions massives sont seulement en partie attribuables au réchauffement climatique, les autres responsables majeurs étant l’usage des terres par les humains et les pesticides. Des deux milliards de tonnes de masse animale que compte cette planète, les insectes en constituent la moitié. Soustrayez de l’équation les piliers du monde que sont les insectes, et les chaînes alimentaires s’effondrent.

Selon les estimations établies par Vackav Smil, le grand doyen des études énergétiques, il faudrait allouer au minimum 25 à 50 % des terres états-uniennes au solaire, à l’éolien et aux biocarburants, afin de remplacer la consommation actuelle d’énergie des États-Unis par du renouvelable. Y a-t-il de la place en même temps pour cela et pour l’extension des habitations humaines ? Pour cela et pour les pâturages dévolus à une énorme industrie laitière et de la viande ? Pour cela et pour les forêts dont nous aurions besoin afin d’absorber le carbone de l’atmosphère ? Pas si le capitalisme continue à faire la chose qu’il ne peut s’empêcher de faire – c’est-à-dire de grandir. La loi du capitalisme est la loi du toujours plus – plus d’énergie, plus de choses, plus de matériaux. Il intègre de l’efficience seulement pour dépouiller plus efficacement la planète. Il n’est aucune solution à la crise climatique qui ne laisse les compulsions de croissance du capitalisme intactes. Et c’est cela que le Green New Deal, un terme forgé par ce néolibéral mielleux, Thomas Friedman, n’aborde pas. Cela consiste à penser qu’on pourrait préserver le capitalisme, garder la croissance, tout en supprimant leurs conséquences délétères. Les villages morts existent pour vous dire que c’est impossible. Aucune rose ne fleurira sur ce buisson.

Cependant, les mineurs au Chili, en Chine et en Zambie creuseront dans la terre pour plus que la simple fabrication de cinquante millions de panneaux solaires et d’éoliennes, puisque le Green New Deal propose également de rebâtir le réseau électrique sous une forme plus efficiente, d’amener tous les bâtiments aux plus hauts standards environnementaux ; et, enfin, de développer des infrastructures de transports à basses émissions carbone, basées sur des véhicules électriques et du rail à grande vitesse. Inutile de préciser que tout ceci impliquerait un déploiement monumental de matériaux à forte intensité carbonique, comme le béton et l’acier. Des milliards de dollars en matières premières devraient être acheminés aux États-Unis pour être transformés en voies ferrées et en voitures électriques. En écoles et en hôpitaux également, puisqu’au côté de ces mesures vertes, le Green New Deal propose une couverture santé universelle et l’éducation gratuite, sans parler d’emplois bien rémunérés garantis.

Le nouveau en politique n’est jamais véritablement et complètement nouveau, et il est donc tout aussi peu surprenant que le Green New Deal regarde vers les années 30 que les Gilets Jaunes en France ressuscitent le cadavre de la Révolution Française et lui fassent danser la gigue sous l’Arc de Triomphe. Comme Marx le notait dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, les individus « font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé ». Afin de rendre intelligibles des formes nouvelles de lutte des classes, leurs partisans se tournent vers le passé, « empruntent leurs noms, leurs mots d’ordre, leurs costumes, pour apparaître sur la nouvelle scène de l’histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage emprunté ». Le « new » du Green New Deal doit ainsi s’exprimer dans un langage résolument ancien, recourant à l’opéraïsme disparu de l’arrière grand-père et au style graphique des affiches de la Work Progress Administration (1).

Ce jeu de costumes peut être progressiste plutôt que rétrograde, tant qu’il consiste à « magnifier les  nouvelles luttes, non à parodier les anciennes, à exagérer dans l’imagination la tâche à accomplir, non à se soustraire à ses solutions dans la réalité, à retrouver l’esprit de la révolution et non à évoquer de nouveau son spectre. » Au contraire, quand Marx écrivait au lendemain des révolutions de 1848, la symbologie de la Révolution Française avait pour effet de suffoquer tout contenu révolutionnaire de ce moment. Le neveu de Napoléon Bonaparte, Napoléon III, était une pure parodie du libérateur de l’Europe. Ce dont l’Europe avait besoin, c’était d’une rupture radicale, pas de la continuité :

« La révolution sociale du XIXème siècle ne peut pas tirer sa poésie du passé, mais seulement de l’avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-même avant d’avoir liquidé complètement toute superstition à l’égard du passé. Les révolutions antérieures avaient besoin de réminiscences historiques pour se dissimuler à elles-mêmes leur propre contenu. La révolution du XIXième siècle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet. Autrefois, la phrase débordait le contenu, maintenant, c’est le contenu qui déborde la phrase. »

Nous ferions bien de garder ces lignes à l’esprit dans les décennies qui viennent, pour éviter de nous soustraire aux vraies solutions et d’insister sur celles qui relèvent de la fantaisie. Le projet du Green New Deal n’a pas grand chose à voir avec le New Deal des années 30, sauf sous les angles les plus superficiels. Le New Deal était une réponse à une urgence économique immédiate, la Grande Dépression, et pas à une future catastrophe climatique : son but premier était de relancer la croissance d’une économie qui s’était contractée de 50 pourcents et dans laquelle une personne sur quatre était sans emploi. Le but du New Deal était d’amener le capitalisme à faire ce qu’il voulait déjà : mettre les gens au travail, les exploiter, pour ensuite leur vendre les fruits de leur propre labeur. L’État était nécessaire comme catalyseur et comme médiateur, fixant le bon équilibre entre les profits et les salaires, essentiellement en renforçant le pouvoir des syndicats et en réduisant celui du patronat. En mettant de côté le fait qu’il implique des dépenses de capitaux bien supérieures, le Green New Deal a une ambition plus ardue : plutôt que d’amener le capitalisme à faire ce que celui-ci souhaite, il lui faut le pousser à poursuivre une trajectoire qui à long terme est indubitablement mauvaise pour les détenteurs de capitaux.

Là où il suffisait au New Deal de restaurer la croissance, le Green New Deal doit générer de la croissance en réduisant les émissions. Le problème est que la croissance et les émissions sont, d’après quasiment tous les indicateurs, profondément corrélées. Le Green New Deal risque ainsi de devenir une sorte de réforme sisyphienne, poussant chaque jour au sommet de la montagne la pierre de la réduction des émissions, pour qu’ensuite une économie croissante et avare d’énergie ne la fasse dégringoler jusqu’en bas chaque nuit.

Les promoteurs de la croissance verte promettent un « découplage absolu » des émissions et de la croissance, où chaque unité d’énergie additionnelle n’ajoute pas de CO2 dans l’atmosphère. Même si une telle chose était possible technologiquement parlant, même s’il était possible de générer de l’énergie zéro ou de l’énergie à basses émissions de façon non seulement adéquate mais en surplus de la demande actuelle, un découplage de ce genre exigerait un bien plus grand pouvoir sur la conduite des capitalistes que celui dont a jamais disposé le New Deal.

Franklin Delano Roosevelt et sa coalition au Congrès ont exercé un contrôle modeste sur les entreprises par le biais d’un processus de « pouvoir compensateur », dans les termes de John Kenneth Galbraith, celui qui pesait dans la balance pour affaiblir les capitalistes au profit des travailleurs et des consommateurs, rendant en sus les nouveaux investissements plus attrayants. L’État lui-même a réalisé des investissements directs – construction de routes, de ponts, de centrales électriques, de parcs et de musées – mais plutôt que de supplanter l’investissement privé, ils étaient censés créer « à jamais un maître étalon contre l’extorsion » selon une formulation de haut vol typique à FDR. Les centrales électriques d’État, par exemple, empêchaient les monopoles de l’énergie de gonfler les prix de l’électricité, en révélant les prix véritables (forcément moindres).

Les partisans du Green New Deal mettent en avant cet aspect du New Deal, puisqu’il est en apparence très proche de ce qu’ils proposent. La Tennessee Valley Authority (TVA), une firme d’énergie publique toujours en activité après quatre-vingt ans d’existence, est le plus célèbre de ces projets. Infrastructures publiques, énergie propre, développement économique : la TVA combina de nombreux éléments essentiels au Green New Deal. Construisant des barrages et des centrales hydroélectriques le long du fleuve Tennessee, elle fournissait de l’électricité bon marché et propre à la région dont l’économie était parmi celles des plus sinistrées du pays. Les centrales hydroélectriques étaient, à leur tour, reliées à des usines qui produisaient des nitrates, une matière première gourmande en énergie nécessaire pour la fabrication d’engrais et d’explosifs. Les salaires et les rendements des récoltes augmentèrent, les prix de l’énergie baissèrent. La TVA apporta de l’énergie abordable, des engrais à bas prix, et de bons emplois dans une région auparavant connue pour la malaria, la pauvreté de ses sols, des revenus inférieurs de moitié à la moyenne nationale, et son taux alarmant de chômage.

Le problème avec ce scénario, cadre de travail pour le Green New Deal, est que les énergies renouvelables ne sont pas significativement moins chères que les énergies fossiles. L’État ne peut pas montrer la voie vers l’énergie renouvelable et bon marché, satisfaisant à la fois les consommateurs avec des abaissements de coûts et les producteurs avec des marges acceptables. Beaucoup pensaient jadis que l’épuisement des réserves de pétrole et de charbon viendrait nous sauver, augmentant le prix des énergies fossiles au-dessus de celui des énergies renouvelables et forçant la bascule par nécessité économique. Malheureusement, le point messianique du croisement des prix s’est éloigné plus loin dans l’avenir à mesure que de nouvelles technologies de forage, introduites depuis une dizaine d’années, ont rendu possible l’extraction de pétrole par fracturation des schistes et la réouverture de puits dont les réserves étaient précédemment considérées comme épuisées. Le cours du pétrole est demeuré obstinément bas, et les États-Unis, à la surprise générale, en produisent maintenant plus que n’importe qui d’autre. Les scénarios apocalyptiques du « pic pétrolier » sont à présent des curiosités du tournant du millénaire, tout comme le bug de l’an 2000 ou Al Gore. Désolé, mauvaise apocalypse.

Certains vous diront que les énergies renouvelables peuvent concurrencer les énergies fossiles sur le marché. Les énergies éolienne, hydroélectrique et géothermique sont devenues, il est vrai, plus abordables comme sources d’électricité, dans certains cas moins chères que le charbon et le gaz naturel. Mais elles ne le sont toujours pas assez. En effet, pour espérer mettre en faillite les capitalistes des énergies fossiles, les énergies renouvelables auraient besoin de faire plus que de devancer les combustibles fossiles de un ou deux centimes par kilowatt/heure. Des milliards de dollars sont introduits dans les infrastructures des énergies fossiles et ceux qui les détiennent choisiront invariablement de recouvrer une partie de cet investissement plutôt que rien. Afin de faire descendre la valeur de ces actifs à zéro et forcer les capitalistes de l’énergie à investir dans de nouvelles usines, les énergies renouvelables ont besoin d’être non seulement moins chères, mais considérablement, impossiblement moins chères. C’est du moins la conclusion à laquelle est arrivé un groupe d’ingénieurs que Google avait réuni pour étudier le problème. Les technologies existantes ne seront jamais assez bon marché pour pousser les centrales à charbon à la banqueroute : il nous faudrait ce qui actuellement n’est que de la science-fiction, comme la fusion froide. Ce n’est pas uniquement à cause du problème des coûts irrécupérables, mais également parce que l’électricité produite par le vent et le soleil n’est pas mobilisable « à la demande ». Elle est seulement disponible quand le soleil brille et quand le vent souffle. Si on veut l’obtenir à la demande, il faudra alors la stocker (ou l’acheminer sur des milliers de kilomètres) et cela en augmentera les prix.

La plupart des gens vous rétorqueront que la solution à ce problème serait la taxation des énergies sales ou leur interdiction pure et simple, en plus des subventions pour les énergies renouvelables. Une taxe carbone, appliquée de façon judicieuse, peut faire pencher la balance en faveur des énergies renouvelables jusqu’à ce qu’elles puissent véritablement battre les combustibles fossiles. Les nouvelles sources et infrastructures fossiles peuvent être interdites et les revenus des taxes utilisés pour financer la recherche de nouvelles technologies et l’amélioration des rendements, et pour offrir des subventions aux consommateurs. Mais on parle alors de quelque chose d’autre qu’un New Deal, qui menait la marche vers un capitalisme plus productif dans lequel les profits et les salaires pouvaient croître de concert. D’après certains calculs, les réserves de pétrole avérées de la planète recèlent 1,500 milliards de barils – d’une valeur avoisinant les 50 milliards de milliards de dollars si l’on prend comme estimation le très faible prix moyen de trente-cinq dollars par baril. C’est une valeur que les firmes pétrolières ont déjà intégrées dans leurs projections mathématiques. Si des taxes carbone ou des interdictions réduisent par dix ce nombre, les capitalistes de l’énergie fossile feront tout ce qu’ils pourront pour les éviter, les subvertir et les abroger. Le problème des coûts irrécupérables s’applique ici aussi. En anéantissant la valeur de ces réserves, vous pourriez, de façon perverse, diminuer le coût des énergies fossiles, encourageant plus de consommation et plus d’émissions, tandis que les producteurs pétroliers se précipiteront pour écouler leurs surplus excédentaires dans les pays sans taxes carbone. A titre de référence, il y a à peu près 300 milliards de milliards de dollars de richesse totale sur la planète, la plupart aux mains de la classe des propriétaires. Le Produit Intérieur Brut mondial, la valeur de tous les biens et services produits sur une année, est d’environ 80 milliards de milliards de dollars. Si vous proposez d’effacer 50 milliards de milliards de dollars, un sixième de la richesse de la planète, égal à deux tiers du PIB mondial, il faudra vous attendre à ce que les propriétaires de cette richesse vous affrontent avec tout ce qu’ils ont, donc plus ou moins tout ce qui existe.

Comme un roman de mille pages avec sur chacune d’entre elle un prétexte pour un nouveau scénario ou un affront stylistique, le Green New Deal représente un défi pour les critiques. Il y a simplement bien trop de plans sur lequel il ne pourra jamais marcher. Il y a une infinité de mondes où le Green New Deal échoue – un million de présidents Sanders ou, de façon plus pressante, d’Ocasio-Cortez présidant au désastre. On pourrait par exemple écrire un essai entier sur son impraticabilité politique, étant donné la saturation de l’état américain par les intérêts des grandes entreprises, ainsi qu’un système de partis et de division de pouvoir qui penchent méchamment à droite. Un autre où, dans l’hypothèse où le projet serait politiquement viable, les dépenses de l’ordre de plusieurs milliards de milliards de dollars par an briseraient probablement le dollar, faisant grimper les coûts initialement prévus. Un essai où, même si vous arriviez à surmonter ces deux obstacles, l’histoire des récentes interventions monétaires dans l’économie – 4,500 milliards injectés dans l’économie par un assouplissement quantitatif de la FED sous Obama, 1,500 milliards en réductions d’impôts par Trump – indique que le Green New Deal aura de grandes difficultés à encourager les entreprises à dépenser cet argent comme prévu (en investissements dans les infrastructures vertes) plutôt que de le déverser dans l’immobilier et la spéculation, comme cela est arrivé dans ces cas antérieurs.

Ici, il est facile de s’abandonner au menu détail et de perdre de vue l’essentiel. Dans chacun de ces scénarios, sur chacune de ces misérables planètes qui se réchauffent, le Green New Deal échoue à cause du capitalisme. Car sous le capitalisme, une petite classe de propriétaires et de managers, en compétition avec elle-même, se trouve obligée de prendre un ensemble limité de décisions sur où et dans quoi investir, établissant les prix, les salaires, et les autres déterminants fondamentaux de l’économie. Même si ces propriétaires voulaient nous éviter les villes submergées et le milliard de migrants en 2070, ils ne le pourraient pas. La concurrence vendrait moins cher et les pousserait à la faillite. Leurs mains sont liées, leurs choix contraints, par le fait qu’il leur faut vendre aux taux qui ont court ou périr. C’est la classe dans son ensemble qui décide, pas ses membres individuels. C’est pourquoi les sentences marxistes (et les phrases de Marx) traitent si souvent le capital comme agent plutôt que comme objet. La volonté de pousser avec acharnement vers la croissance, augmentant par là même la consommation d’énergie, n’est pas choisie, elle est contrainte, exigée par la rentabilité là où la rentabilité est une exigence de l’existence même.

Si vous taxez le pétrole, le capital ira se vendre ailleurs. Si vous accroissez la demande en matières premières, le capital augmentera le prix des marchandises, et répandra les matériaux sur le marché de la manière la plus énergivore, avec le plus de gâchis possible. S’il vous faut des millions de kilomètres carrés pour des panneaux solaires, des parcs éoliens et des cultures de biocarburants, le capital augmentera le prix de l’immobilier. Si vous appliquez des taxes douanières sur les importations nécessaires, le capital s’en ira pour de meilleurs marchés. Si vous fixez un prix maximum qui empêche le profit, le capital cessera tout simplement d’investir. Tranchez une tête de l’hydre, faites face à une nouvelle. Investissez des milliards de milliards de dollars dans les infrastructures aux États-Unis et il vous faudra vous confronter à l’industrie du bâtiment, prodigieusement gaspilleuse, lente et improductive, où poser un kilomètre de métro peut coûter jusqu’à vingt fois plus cher et prendre quatre fois plus de temps. Il vous faudra affronter les monstres du ciment que sont Bechtel et Fluor Corp., habitués à se nourrir à l’abreuvoir du gouvernement et à facturer des vis cinquante dollars. Si cela ne calme pas vos ardeurs, prenez en compte l’inefficacité historique sans pareil de l’armée américaine, le plus gros consommateur de pétrole de la planète et, sans surprise, également le principal flic du pétrole. Le Pentagone est un trou noir comptable, à l’intérieur duquel la richesse de la nation est déversée et dont aucune lumière n’émerge. Son compte de bilan est une page blanche.

Je soupçonne de nombreux promoteurs du Green New Deal de savoir tout ceci. Ils ne pensent pas réellement qu’il sera appliqué comme promis, et ils savent que, s’il était vraiment mis en place, il échouerait. C’est sûrement pour cette raison qu’ils fournissent si peu de détails concrets. Jusqu’ici les débats ont principalement tourné autour de la question budgétaire, avec les adeptes de la Modern Monetary Theory (2) affirmant que les dépenses d’un gouvernement comme celui des États-Unis ne connaissent pas de plafond, et les gauchistes adeptes du principe « imposer-et-dépenser » ripostant avec toutes sortes de contre-scénarios. Les partisans de la MMT sont techniquement corrects, mais ils sous-estiment le pouvoir que les détenteurs de la dette américaine ont de déterminer la valeur du dollar, et donc les prix et les profits. Pendant ce temps, les critiques du Green New Deal confinent leurs débats à ses aspects les moins problématiques. Comprenons-nous bien, des coefficients budgétaires de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards de milliards de dollars ne sont pas qu’un détail. Mais trouver des fonds est loin d’être le plus gros problème. La mise en oeuvre est là où le bât blesse véritablement, et peu de promoteurs ont de choses à dire concernant ces détails précis.

Le Green New Deal propose de décarboner la majeure partie de l’économie en dix ans – à la bonne heure, mais personne ne parle de comment. C’est parce que, pour beaucoup, sa valeur est avant tout rhétorique ; il s’agit de faire évoluer les débats, d’assembler une volonté politique, et de souligner l’urgence de la crise climatique. Il s’agit plutôt de grands sentiments que d’un grand plan. Beaucoup de socialistes reconnaissent qu’atténuer le changement climatique à l’intérieur d’un système de production qui vise le profit est impossible, mais ils pensent qu’un projet comme le Green New Deal est ce que Léon Trotsky appelait un « programme de transition », articulé sur une « demande de transition ». Contrairement à une demande minimale que le capitalisme peut facilement satisfaire et à la demande maximale, qu’il ne peut clairement pas, la demande de transition est une attente que le capitalisme pourrait potentiellement remplir s’il était un système humain et rationnel, mais qui se révèle pour lui impossible à atteindre en réalité. En créant de l’agitation autour de cette demande, les socialistes démasquent le coordinateur de l’activité humaine extraordinairement destructeur et gaspilleur qu’est le capitalisme, incapable de réaliser son propre potentiel et, dans ce cas précis, responsable d’un nombre inimaginable de morts futures. Confrontés à la résistance de la classe capitaliste et à une bureaucratie d’état fermement retranchée, les élus portés au pouvoir autour du Green New Deal pourraient alors, en tout sécurité et avec le soutien des masses, agir pour exproprier la classe capitaliste et réorganiser l’état autour de schémas socialistes. C’est du moins ce que veut la légende.

J’ai toujours méprisé le concept de programme de transition. Je pense, pour commencer, qu’il est condescendant, partant du principe qu’il faille dire une chose aux « masses » afin qu’éventuellement elles soient convaincues d’une toute autre. Je pense également qu’il est dangereux, avec potentiellement un gros retour de bâton. Il est vrai que les révolutions commencent souvent là où les réformes échouent. Mais le problème est que la demande transitoire vous encourage à bâtir des institutions et des organisations autour d’un ensemble d’objectifs, avec l’espoir que vous pourrez rapidement les convertir à un autre ensemble le moment venu. Mais les institutions sont des structures d’une inertie considérable. Si vous bâtissez un parti et d’autres structures autour de l’idée de résoudre la crise climatique à l’intérieur du capitalisme, ne soyez pas surpris quand une grande fraction de ce parti résistera à vos tentatives de le transformer en organe révolutionnaire. L’histoire des partis socialistes et communistes devrait inciter à la prudence. Même après que les dirigeants de la Seconde Internationale aient trahi ses membres en les envoyant se massacrer les uns les autres durant la Première Guerre Mondiale, et même après qu’une grande fraction ait effectué une scission pour former des organisations révolutionnaires dans la foulée de la Révolution Russe, beaucoup continuèrent de la soutenir, par habitude et parce qu’elle avait constitué un épais réseau de structures sociales et culturelles auxquelles ils étaient attachés par milles et un liens. En poursuivant votre programme de transition, prenez garde à ne pas développer les forces de votre futur ennemi.

Attardons-nous plutôt sur ce que nous savons être vrai. La feuille de route pour une stabilisation climatique en-dessous d’une augmentation de deux degrés Celsius offerte par le Green New Deal est illusoire. En effet, en l’état actuel des choses les seules solutions possibles dans le cadre du capitalisme sont des formes effroyables et risquées de géo-ingénierie : empoisonner chimiquement l’océan ou le ciel afin d’absorber du carbone ou réduire l’ensoleillement, donc préserver le capitalisme et son hôte, l’humanité, au prix du ciel (sans météo) ou de l’océan (sans vie). Contrairement aux réductions d’émissions, ce genre de projet ne requiert nulle collaboration internationale. N’importe quel état pourrait dès à présent se lancer dans la géo-ingénierie. Qu’est-ce qui empêchera la Chine ou les États-Unis de décider de larguer du sulfure dans le ciel, si la situation devenait suffisamment mauvaise et inflammable ?

Le problème du Green New Deal est qu’il promet de tout changer tout en gardant tout à l’identique. Il promet de remplacer la matrice énergétique de la société moderne comme si l’on changeait la batterie d’une voiture. Vous achèteriez toujours un nouvel Iphone tous les deux ans, mais labellisé zéro émission. Le monde du Green New Deal est ce monde mais en mieux – ce monde mais sans émission, avec une couverture santé universelle et l’université gratuite. Il est évidemment attrayant, mais cette combinaison est impossible. Nous ne pouvons demeurer dans ce monde. Afin de préserver la niche écologique dans laquelle nous et notre cohorte d’espèces avons vécu ces onze mille dernières années, il nous faudra complètement réorganiser notre société, changer où, comment et surtout pourquoi nous vivons. Au vu de l’actuelle avancée de la technologie, il n’y a aucune possibilité de continuer à utiliser plus d’énergie par personne, plus de terre par personne, plus de plus par personne. Ceci n’annonce pas nécessairement un monde d’austérité, gris et sinistre, bien que c’est ce qui s’avance vers nous si l’inégalité et la dépossession progressent. Une société émancipée, dans laquelle aucun individu ne pourrait forcer un autre à travailler sous prétexte de la propriété, pourrait offrir joie, sens, liberté, satisfaction, et même une sorte d’abondance. Nous pouvons aisément obtenir assez de ce qui compte vraiment, en conservant de l’énergie et d’autres ressources pour la nourriture, des abris et les soins médicaux. Comme cela saute immédiatement aux yeux de quiconque prend une bonne trentaine de secondes pour l’observer, la moitié de ce qui nous entoure sous le capitalisme n’est que déchets inutiles. Au-delà de nos besoins fondamentaux, l’abondance la plus importante est l’abondance de temps, et le temps est, par chance, neutre en carbone, et même peut-être carbone-négatif. Si des révolutionnaires dans des sociétés qui utilisaient un quart de notre consommation d’énergie pensaient que le communisme était à leurs portes, alors il est inutile pour nous de nous enchaîner aux impératifs macabres de la croissance. Une société dans laquelle tout un chacun est libre de s’adonner à la poursuite du savoir, au jeu, au sport, au divertissement, à la camaraderie, et au voyage, est celle où nous voyons l’abondance qui compte. 

Peut-être que l’arrivée d’une technologie révolutionnaire de décarbonation ou zéro émissions est imminente. Il serait idiot d’en exclure la possibilité. Mais attendre qu’un miracle tombe du ciel n’est pas une action politique. Cela fait presque soixante-dix ans qu’a été mis au point le dernier changement de paradigme technologique – les transistors, l’énergie nucléaire, la découverte du génome, tous datent du milieu du vingtième siècle. Nonobstant des illusions de perspectives et le flux ininterrompu d’applications mobiles, le rythme de l’évolution technologique a plutôt ralenti qu’accéléré. Dans tous les cas, si le capitalisme se découvrait soudain capable de subvenir à la crise climatique, nous pourrions alors passer à l’une des dix autres raisons pour lesquelles il faudrait tout de même l’achever.

Nous ne pouvons tout garder à l’identique et tout changer. Nous avons besoin d’une révolution, d’une rupture avec le capital et ses compulsions mortifères, bien que ce en quoi cela consiste au vingt-et-unième siècle demeure encore une question ouverte. Une révolution dont le but serait l’épanouissement de toute vie humaine signifierait certainement une décarbonation immédiate, une rapide diminution de la consommation d’énergie pour ceux dans le Nord global industrialisé, la disparition du ciment, très peu d’acier, pratiquement plus de trajets par voies aériennes, des villes adaptées à la marche, de la dissipation thermique et du chauffage passifs, une transformation totale de l’agriculture, et une diminution des pâturages dédiés à l’élevage d’un ordre de grandeur au minimum. Tout cela est possible, sauf si nous continuons à précipiter la moitié de toute la richesse produite sur la planète dans la gueule du capital, sauf si nous continuons à sacrifier une fraction de chaque génération en l’envoyant dans les mines, sauf si nous continuons à laisser ceux dont le seul but est le profit décider de comment nous vivons.

Pour le moment, une révolution n’est pas à l’ordre du jour. Nous sommes coincés entre le marteau et l’enclume du Green New Deal, et je peux difficilement en vouloir à quiconque de s’investir dans l’espoir à portée de main plutôt que dans le désespoir ambiant. Peut-être qu’un travail sur des réformes législatives fera la différence entre l’inimaginable et ce qui est uniquement insoutenable. Mais ne nous mentons pas les uns aux autres. 


Note : Une version antérieure de cet essai indiquait que les émissions du transport étaient de 17 pourcents. Merci à Alyssa Battistoni pour la correction.

(1) Work Project Administration, principale agence fédérale instituée dans le cadre du New Deal en 1935 et qui employait des millions de chercheurs d’emploi pour la politique des grands travaux publics.

(2) Théorie économique qui soutient qu’un Etat peut financer l’ensemble de ses dépenses publiques et diriger l’économie par le biais de la création monétaire et de son contrôle, sous couvert de maintenir un certain objectif d’inflation.

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