Le Franc CFA : une monnaie sur mesure pour le FMI et la France (1/2)

Le Franc CFA est une monnaie coloniale. Créée le 25 décembre 1945 par le général De Gaulle, elle est utilisée aujourd’hui dans le but de satisfaire les intérêts financiers français en Afrique. Son existence lamine la souveraineté des États qui l’utilisent et permet à des institutions comme le Fonds Monétaire International (FMI) de soumettre les populations africaines.

Avant le 25 décembre 1945, le franc métropolitain circulait dans la majeure partie de l’empire colonial, même si l’apparence des billets et des pièces différait selon les instituts d’émission. A cette date, le décret numéro 45-0136, signé par le président du gouvernement provisoire, le général de Gaulle, le ministre des Finances René Pleven et le ministre des Colonies Jacques Soustelle, crée le franc des Colonies Françaises du Pacifique (CFP) et le franc des Colonies Françaises d’Afrique (CFA). Le franc CFA est désormais la monnaie de l’Afrique Occidentale Française (AOF, composée de la Mauritanie, du Sénégal, du Soudan français devenu le Mali, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Niger, de la Haute-Volta devenue le Burkina Faso, du Dahomey devenu le Bénin et du Togo), de l’Afrique Équatoriale Française (AEF, composée du Gabon, du Moyen-Congo devenu République du Congo, de l’Oubangui-Chari devenu République Centrafricaine et du Tchad), du Cameroun, de la Côte française des Somalis devenue Djibouti, de Madagascar et de la Réunion.

Le franc CFA voit le jour alors qu’un nouveau système monétaire international se met en place après les accords dits de Bretton Woods, signés en juillet 1944 par quarante-quatre pays. Ce régime consacre l’hégémonie des États-Unis et donne naissance à de nouvelles institutions supranationales basées à Washington : le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (qui deviendra la Banque mondiale). Dans ce système, toutes les monnaies doivent être inscrites auprès du FMI et ont désormais une parité fixe ajustable vis-à-vis du dollar, seule monnaie désormais convertible en or. On parle d’un régime de « changes fixes ». Ce 25 décembre, le gouvernement français déclare auprès de l’institution de Bretton Woods la nouvelle parité du franc avec le dollar : un dollar s’échange désormais contre 119,10 francs (contre 49,6 francs auparavant). Le lendemain, le 26 décembre, Paris déclare la parité du franc CFA soit 1 franc CFA = 1,70 franc français.

Le franc CFA acquiert de cette manière un statut officiel dans le système monétaire international. Ce même jour, l’Assemblée constituante française procède à la ratification des accords de Bretton Woods. C’est l’occasion pour le ministre Pleven d’affirmer que la création du franc CFA, qui met donc fin à l’unicité monétaire entre la métropole et ses territoires africains, marque la « fin du pacte colonial ». Ce nouveau système, insiste le ministre, répond à des considérations d’équité de la part d’une métropole « montrant sa générosité, son désintéressement, ne voulant pas imposer à ses filles lointaines les conséquences de sa propre pauvreté ».

Si la dévaluation du franc métropolitain et la création de francs coloniaux pouvaient apparaître comme des signaux positifs, les principes proclamés par Pleven étaient loin d’être aussi « généreux » qu’il le disait. Car la parité du franc CFA avait été déterminée sans prise en compte véritable des spécificités des différents blocs coloniaux. Or, pendant la guerre, la hausse des prix avait été plus importante au sein de l’AOF que dans l’AEF. Si les autorités françaises avaient vraiment voulu « tenir compte équitablement des intérêts de chaque territoire », elles auraient dû concevoir deux monnaies, l’une pour l’AOF, l’autre pour l’AEF, et leur attribuer à chacune une parité différente, en adéquation avec leur situation économique respective.

Création du ministère français des Finances, le franc CFA a en réalité été conçu afin de permettre à la France de reprendre le contrôle de ses colonies. Car ces dernières avaient, durant la guerre, diversifié leurs relations commerciales. Alors que 85 % des exportations de l’AOF et 74 % de celles de l’AEF étaient destinées à la métropole en 1939, ces chiffres avaient chuté pour s’établir en 1945 à 56 % pour l’AOF et 47 % pour l’AEF. La part de la métropole dans leurs importations était tombée sur la même période de 64 % à 23 % pour l’AOF et de 45 % à 4 % pour l’AEF. Or l’économie française, très affaiblie, avait besoin pour se relancer de récupérer les parts de marché ainsi perdues et de sécuriser à nouveau ses approvisionnements en matières premières.

Dans ce contexte, un franc CFA surévalué était intéressant pour Paris. Puisque sa valeur était plus élevée que celle du franc métropolitain, il permettait de rendre meilleur marché les produits de la métropole. Cela allait par conséquent inciter les colonies à augmenter leurs importations en provenance de la métropole. Loin de marquer la fin du « pacte colonial », la naissance du franc CFA permet donc de rétablir des relations commerciales très avantageuses pour la France. La création de cette nouvelle monnaie consacre aussi l’institutionnalisation d’un « principe d’automaticité » : les territoires colonisés voient leurs monnaies arrimées fixement à celle de la métropole, sont privés de la possibilité de réajuster la parité de ces dernières et sont obligés de subir passivement les décisions unilatérales de la métropole qui modifie la valeur externe de sa propre monnaie selon ses besoins.

Les « territoires d’outre-mer » vont ainsi faire les frais de l’instabilité du franc métropolitain. Le 26 janvier 1948, ce dernier est l’objet d’une dévaluation de 44 %. Le franc CFA s’ajuste dans les mêmes proportions. Le 17 octobre 1948, nouvelle dévaluation du franc métropolitain, mais cette fois les autorités françaises décident de changer la parité du franc CFA : 1 franc CFA s’échange désormais contre 2 francs métropolitains. Lors de la création du « nouveau franc », dit « franc lourd », le 27 décembre 1958, la parité du franc CFA est maintenue. Par la suite, entre 1958 et 1986, la monnaie française sera dévaluée à quatre reprises, ce qui se répercutera à chaque fois sur les territoires utilisant le franc CFA.

Lors de la séance parlementaire du 21 juin 1949, Sourou-Migan Apithy, futur président de la République du Dahomey (actuel Bénin), déplore l’absence d’autonomie du franc CFA : « Le franc CFA n’est pas une monnaie autonome, mais un multiple du franc métropolitain, comme le décalitre est un multiple du litre », déclara-t-il, en allusion au fait que le franc CFA était alors plus fort que le franc. « L’histoire du franc CFA […] est la plus belle illustration du renforcement du pacte colonial », soutient pour sa part Gabriel Lisette, fondateur du Parti progressiste tchadien. Quant au sénégalais Lamine Guèye, député de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) et futur président de l’Assemblée nationale du Sénégal, il en profite pour dénoncer sans détour l’hypocrisie de l’Union française qui proclamait sur le papier l’égalité des droits et des devoirs, mais qui ne reconnaissait en pratique aux populations d’outre-mer « que des devoirs et aucune espèce de droits ».

Pour les territoires colonisés, les devoirs consistent « à produire beaucoup, à produire au-delà de leurs besoins propres, à produire au détriment de leurs intérêts les plus immédiats, afin de permettre à la métropole de connaître un sort meilleur et un ravitaillement mieux assuré ». Les mêmes territoires ont aussi le devoir de « vendre leurs produits au-dessous des cours mondiaux quand ils avaient la possibilité de vendre à ces cours », d’« acheter au-dessus des cours mondiaux quand il était possible de faire autrement » et, pour couronner le tout, de « ne pas prétendre utiliser les devises provenant de nos produits ». La France, tout en gardant le contrôle, procéda seulement à quelques aménagements durant les années suivantes.

Les institutions d’émission devinrent des organismes publics : en 1955 furent créés un Institut d’émission de l’Afrique équatoriale française et du Cameroun et un Institut d’émission de l’Afrique occidentale française et du Togo. En 1959, ces deux Instituts furent remplacés respectivement par la Banque Centrale des États de l’Afrique Équatoriale et du Cameroun (BCEAEC) et la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), placées sous tutelle du Trésor français et avec leur siège à Paris1.

Le gouvernement français intervient dès lors à travers le Trésor français, qui dépend du ministère français des Finances. Il apporte sa garantie de convertibilité et gère les « comptes d’opérations » des banques centrales africaines qui sont, de fait, placées sous sa tutelle. La Banque de France, elle, est le banquier du Trésor français. Elle s’occupe de la gestion de ses comptes, dont les comptes d’opérations. Elle est également l’une des correspondantes de la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), de la Banque des États d’Afrique Centrale (BEAC) et de la Banque Centrale des Comores (BCC). Cela signifie que ces dernières disposent auprès d’elle de comptes – différents des comptes d’opérations – qui fonctionnent comme des comptes bancaires ordinaires.

Si la BEAC veut adresser, par exemple, un virement en euros à un opérateur en France, elle donne l’ordre à sa correspondante sur place, la Banque de France, d’effectuer cette transaction. C’est à travers le système des correspondants que les banques centrales gèrent leurs relations financières extérieures. La BEAC, la BCEAO et la BCC sont chargées d’émettre la monnaie et d’assurer la stabilité monétaire et financière de leur zone. Elles supervisent le système bancaire. La BCEAO et la BEAC disposent d’agences nationales dans chacun de leurs pays membres. Ce sont des succursales qui facilitent la circulation des billets et pièces, l’exécution des paiements et le suivi-évaluation de l’activité économique.

En vertu des accords monétaires, elles doivent déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor français. Elles placent comme elles veulent les 50 % restants, mais on constate qu’elles les utilisent souvent pour acheter des titres de dette libellés en euros (cas de la BEAC notamment) ou les réinvestissent en obligations du Trésor français ou en titres français. Un objectif majeur est assigné à ces trois institutions : maintenir la parité fixe des francs CFA et comorien vis-à-vis de l’euro. Dans ce but, elles doivent toujours posséder suffisamment de réserves de change afin de répondre à toutes les demandes de conversion de francs CFA et comorien en devises. Soulignons que si la BEAC, la BCEAO et la BCC sont des institutions multinationales, elles apparaissent plutôt « franco-africaines » : des représentants français siègent au sein de leur conseil d’administration et de leur comité de politique monétaire, l’organe chargé de définir leur politique monétaire. Cette configuration ne connaît pas d’équivalent : aucun ressortissant non Européen ne siège statutairement, par exemple, à la Banque centrale européenne, ni aucun citoyen non Américain à la Réserve fédérale américaine.

Comme la centralisation des réserves de change, cette représentation française est une contrepartie de la garantie de convertibilité du Trésor. Elle permet au gouvernement français d’exercer un droit de regard sur l’usage des avoirs extérieurs des trois banques centrales et sur leur politique monétaire. Aucune décision majeure ne peut être prise sans son consentement. Autres acteurs importants de l’ensemble du système : les banques commerciales. Les banques centrales mettent à leur disposition les billets et les pièces de monnaie fabriqués en France. Comme dans n’importe quel autre système bancaire moderne, ce sont ces banques commerciales, dites aussi « de second rang », qui créent de la monnaie à travers les crédits qu’elles accordent à leurs clients (États, entreprises, ménages). Elles créent de la monnaie – augmentent les moyens de paiement dans l’économie – quand elles accordent un prêt et elles en « détruisent » – diminuent les moyens de paiement – quand elles reçoivent les remboursements de ces prêts. Derniers intervenants dans le système CFA : les gouvernements africains. Ils agissent, dans le cas de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), à travers la Conférence des chefs d’État et de gouvernement et la Conférence des ministres2.

C’est en Guinée que la France est confrontée une première fois à un acte de résistance à propos du franc CFA et elle va y répondre de manière violente. Tout commence le 25 août 1958. Ce jour-là, le chef de l’État français, le général de Gaulle, atterrit à Conakry, capitale de la Guinée. Il est là pour défendre le projet de Communauté qu’il propose aux territoires africains administrés par la France et qui doit être soumis le 28 septembre par référendum aux citoyens de chacun des pays concernés : ils devront choisir entre intégrer la Communauté (« Oui ») ou devenir indépendants (« Non »). Les autorités françaises ont fait comprendre à leurs interlocuteurs que l’indépendance entraînerait la fin de toute coopération avec la France.

À Conakry, le général est accueilli par Ahmed Sékou Touré, député à l’Assemblée nationale française, maire de Conakry, vice-président du conseil de gouvernement guinéen. Cet ancien responsable syndical n’est pas antifrançais. Mais il n’apprécie pas le chantage à l’aide au développement que semble vouloir exercer le chef de l’État français. Prenant de Gaulle à partie devant ses concitoyens, Sékou Touré tient un langage sans équivoque : « Nous ne renoncerons pas et nous ne renoncerons jamais à notre droit légitime et naturel à l’indépendance », dit-il. Il ajoute : « Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage. » Ces propos heurtent le président français qui « reçoit tout cela comme une insulte », d’après l’ancien Haut-commissaire de l’AOF Pierre Messmer.

Sékou Touré n’a pas l’intention de rompre complètement avec la France. Quelques jours avant le référendum, il tient à rassurer les entreprises étrangères présentes en Guinée, dont le secteur agricole est l’un des plus performants d’Afrique de l’Ouest, et qui dispose d’énormes ressources minières et d’un potentiel hydro-électrique exceptionnel : « Notre ardent désir est de demeurer dans la zone franc », dit-il, promettant que le transfert des capitaux entre la France et la Guinée restera libre. Le jour du référendum, le 28 septembre 1958, le franc CFA est une, sinon la préoccupation majeure des autorités françaises. Persuadées que la Guinée va choisir l’indépendance et craignant qu’elle se serve dans la foulée des réserves monétaires de l’agence de la BCEAO de Conakry, elles ordonnent à l’armée française d’évacuer discrètement cet argent du pays, ce qui est fait par voie maritime au cours de cette même journée du 28. Le résultat du référendum est sans appel : comme l’avait anticipé Paris, la Guinée rejette à 95 % l’idée de faire partie de la Communauté. Parmi les territoires consultés, c’est le seul à choisir cette option.

Le nouvel État est rapidement reconnu par le Ghana de Kwame Nkrumah, indépendant depuis un an, par l’Union soviétique et par l’Égypte. La France, elle, ne le reconnaît qu’en janvier 1959. Entre-temps, elle a rapatrié tout son personnel, supprimé ses aides budgétaires et mis fin au paiement des pensions des vingt mille anciens combattants guinéens qui se sont battus pour la France. Bien que Sékou Touré se tourne vers de nouveaux partenaires, dont l’Union Soviétique, la Guinée reste membre de la zone franc. Pendant plusieurs mois, Guinéens et Français tentent de trouver un accord sur la question monétaire. Les premiers, Sékou Touré en tête, veulent créer une monnaie nationale tout en restant dans la zone franc, mais sans avoir à en respecter les règles « humiliantes ».

Finalement, Paris refusant d’assouplir les règles du dispositif franc CFA, la Guinée crée le 1er mars 1960, avec l’aide d’experts étrangers, la Banque de la République de Guinée (BRG), et lance sa propre monnaie, le franc guinéen, tout en quittant la zone franc. Au passage, les autorités, qui ont préparé secrètement cette opération, font ce que les Français avaient redouté en 1958 : elles saisissent les réserves de l’agence de la BCEAO à Conakry, estimant qu’elles leur appartiennent. Cette mesure marque le début d’un long contentieux entre la Guinée, d’une part, et la France et les États membres de la BCEAO, d’autre part. Pour Paris, c’en est trop. Au cours des mois suivants, la France fait tout afin d’isoler et de déstabiliser la Guinée, et de rendre Sékou Touré « vulnérable » et « impopulaire ». À la manœuvre : Jacques Foccart, Pierre Messmer et le Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage (SDECE, actuelle DGSE), qui bénéficient de la complicité active des présidents sénégalais et ivoiriens, Léopold Sédar Senghor et Félix Houphouët-Boigny.

Comme le racontera quelques décennies plus tard Maurice Robert, chef de poste à Dakar puis « directeur Afrique » du SDECE, les Français lancent des opérations armées, constituant des maquis d’opposition « pour qu’ils développent un climat d’insécurité et, si possible, qu’ils renversent Sékou Touré ». Le SDECE met aussi sur pied des attaques économiques. L’une d’entre elles, qui entre dans le cadre d’une opération de déstabilisation baptisée « Persil », est particulièrement perverse : elle consiste à fabriquer en France, dans les imprimeries du SDECE, de faux billets de banque guinéens et à les écouler en masse dans le pays. Résultat, l’économie s’écroule. « Cette opération a été une véritable réussite et l’économie guinéenne, déjà bien malade, a eu du mal à s’en remettre ! » triomphe Maurice Robert.

D’après lui, l’opération Persil a été conçue par le patron du SDECE, le général Paul Grossin : « C’est en tout cas lui qui m’avait donné les instructions et précisions nécessaires à son application », écrit-il. Il affirme aussi qu’il n’était pas question de « punir Sékou Touré de l’affront fait à la France », mais d’« empêcher » les pays de l’Est, « intéressés par les ressources minières de la Guinée », d’exploiter « une tête de pont pouvant servir à la diffusion de la subversion ». En 1962, le Premier ministre français, Georges Pompidou, explique de son côté à ses ministres qui craignent de voir les autres pays africains de la zone franc revendiquer à leur tour une monnaie nationale : « Laissons se dérouler l’expérience de Sékou Touré. Beaucoup d’Africains commencent à sentir que la politique guinéenne est suicidaire et contraire aux intérêts de toute l’Afrique ».

Les relations diplomatiques entre la Guinée et la France sont rompues en novembre 1965. Elles ne seront rétablies que le 14 juillet 1975, après la mort du général De Gaulle et de son successeur, Georges Pompidou, et avec la mise à l’écart de Jacques Foccart. Bien que l’opération « Persil », conjuguée à d’autres facteurs, ait abouti à une forte dépréciation du franc guinéen et à d’importantes hausses de prix des produits de base, la Guinée gardera sa monnaie (qui porte le nom de syli entre 1972 et 1986). Elle restera hors de la zone franc et son économie demeure encore aujourd’hui très fragile3.

Jusqu’à la fin de la guerre froide, le Franc CFA fut utilisé par la France ainsi que les Etats-Unis (à travers le FMI et la Banque Mondiale) comme un outil de contrôle et de chantage à destination des pays africains. Les années à venir verront cette monnaie consolider les intérêts d’entreprises françaises comme Orange, Bolloré, Bouygues, Total ou Areva tout en condamnant les populations africaines à une pauvreté toujours plus intense. Nous verrons dans le papier suivant qu’elle permet à l’Union Européenne de maintenir sous son joug encore davantage ses « possessions coloniales » pas vraiment anciennes.

1 « La naissance du franc CFA (1945) », L’arme invisible de la Françafrique. Une histoire du franc CFA, Fanny Pigeaud et Ndongo Samba Sylla, éditions La Découverte (2018).

2 « Hiérarchie institutionnelle », Ibid.

3 « La vicieuse opération « Persil » contre la Guinée de Sékou Touré, Ibid.

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